Lettre ouverte: Christine Delphy ou le mythe de la bonne sauvage.

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Madame,

   Ce qui suit est bien une lettre ouverte qui ne pouvait s’annoncer sans un titre donnant d’emblée le point discuté.

   Je souhaiterais réagir au sujet de votre récente chronique dans le Guardian datant du 20 juillet 2015 intitulé : « French Feminists are failing Muslim women by supporting racist French Laws »*. Bien que vous n’en soyez guère à votre premier coup éclectique dirons- nous, permettez que ce dernier article ait constitué en ce qui me concerne, la goutte ayant fait déborder le vase.

   Ainsi avez-vous tenté d’élucider de manière très succinte le processus de communautarisation du féminisme entre la période des années 1970 à nos jours. Cette communautarisation aurait principalement conduit à une exclusion des femmes musulmanes et plus largement, à un rejet de l’islam en tant que tel. Vous ajoutez par ailleurs que, si le principe de laïcité n’est pas en soi « ostracisant », il a été instrumentalisé par – entre autres acteurs- les partis politiques et les lobbies.

La chronique se poursuit en précisant les raisons du voilement des femmes.

Les femmes « choisissant » de porter le hijab le feraient pour dénoncer l’hostilité à l’égard des musulmans. Le hijab, simple manifestation spirituelle, constituerait ainsi refuge permettant aux femmes de montrer leur solidarité avec les « membres du même groupe racial » (« same racial group »). Partant, ce port du voile intégral s’avère  être un acte de défiance envers l’Institution, ou selon les termes qui vous seraient plus fidèles, envers « l’ordre dominant » stigmatisant cette même communauté.

Autrement dit, le port du hijab procèderait d’une démarche auto-émancipatrice.

D’ailleurs, la conclusion précise : il revient aux femmes musulmanes, minorités opprimées, de déterminer elles-mêmes les modalités d’émancipation qui leur conviennent. Nous devinons à cet égard que ces modalités ne sauraient se rapporter à un « excès » par rapport à des identités pré-constituées, d’un côté comme de l’autre. Contre ce « racisme », il faut symétriquement affirmer une prétendue authenticité culturelle.

    J’aimerais ainsi réagir sur trois points. Brièvement, votre approche semble quelque peu détonner avec l’ensemble de vos précédents travaux. Si le « matérialisme » dont vous vous réclamez n’empiétait pas sur l’entreprise politique d’émancipation, vous semblez retomber en fonctionnalisme pur qui ne laisserait de place qu’à une réappropriation de normes dans un système clos strictement, et dont la seule issue serait la reconnaissance identitaire. Par suite, je souhaiterais également revenir sur le concept de laïcité ainsi que son rapport au féminisme. Et enfin, sur l’intolérable infantilisation des femmes musulmanes manifeste dans votre chronique. En effet, il semblerait que celles-ci ne sauraient être autre chose que des dévotes tribales, incapables d’un rapport réflexif à la religion islamique. Ou du moins, incapables de s’organiser sans un « retour aux sources ».

    Votre article débute évidemment en rappelant vos titres et votre expérience en tant que militante historique du Mouvement de Libération des Femmes. Auteure d’un ouvrage, entre autres, devenu un classique : L’Ennemi principal (1977), vous procédiez jadis à une analyse systémique et structurelle de l’oppression des femmes. Vous aviez mis en lumière la continuité, partant d’une démarche matérialiste, s’entendant « marxisante », entre l’exploitation domestique des femmes et la subordination politico- sociale résultante. Alors, pour se libérer de la tutelle masculine, les femmes devaient s’organiser entre elles pour construire un projet social dénué de toute interférence patriarcale. Ce patriarcat étant tentaculaire, si bien que – comme l’avaient d’ailleurs énoncé les féministes américaines- le « privé est politique ».

    Il ne me semble pas qu’en exploitation domestique, vous ayez, à quelque endroit, suggéré aux femmes au foyer de s’organiser entre elles et éventuellement, de faire des ateliers cuisine pour mieux servir leur mari ? Ou que l’Etat les paie, histoire de compenser les effets sociaux et psychologiques d’une telle domesticité ? Je ne crois pas non plus que vous ayez encouragé les femmes catholiques anti-avortement à s’organiser entre elles, cette fois en club de lecture biblique pour gentiment pérorer sur la sexualité de Marie Madeleine ? Et d’ailleurs, vous ne semblez pas non plus souscrire à la gestion des risques en matière de prostitution, où les femmes devraient elles-mêmes veiller à cacher un couteau quelque part dans les lieux règlementés de la prostitution pour prévenir une agression ? Pourtant, le réglementarisme permet bien aux femmes prostituées de gérer toutes seules comme des grandes les problèmes, moyennant un statut reconnu et services adaptés (ironie, précisons à toutes fins utiles).

En ces cas, vous êtes très claire. Le foyer n’est pas un paradis terrestre, l’avortement est un droit, la prostitution est une violence faite aux femmes. Mais les femmes devraient se voiler intégralement pour soutenir la tribu ? La pression des pères, des frères, des maris exercée sur les femmes pour qu’elles ne se comportent pas comme ces françaises « légères », ne serait que vue de l’esprit ? L’Ayatollah Khomeini en 1979 avait donc raison d’encourager le voilement des femmes pour affirmer l’identité iranienne contre l’Occident – après tout, les femmes n’auront à terme perdu que leurs droits.

Peut-être avez-vous eu vent de la nomination par le Parti Socialiste d’un secrétaire national ayant été condamné à six mois de prison avec sursis pour violence aggravée contre sa compagne ? Cela ne vous aura pas non plus échappé que le motif de l’agression – s’il convient d’appeler ceci un « motif »- eut été que la femme se comportait trop comme une « française » ?

Alors bien sûr, cela n’a pas constitué le fondement de la condamnation. Mais M.Yacine Chaouat, d’un zèle hors du commun, a bien déploré l’ « islamophobie » à l’origine des réactions sur les réseaux sociaux- lesquelles affirmaient la responsabilité politique du PS dans la garantie du principe d’égalité entre les sexes et ainsi, la non légitimité d’une telle nomination.  L' »islamophobie » est manifestement une incantation malhonnête; agiter la figure sacrée de l' »opprimée » pour susciter la compassion à l’égard de voyous, cela est probablement le comble de la démagogie.

Toutefois, les femmes musulmanes (et encore pire, les hérétiques de culture musulmane) devraient se taire et ne pas bénéficier des mêmes droits à l’intégrité que n’importe quelle autre citoyenne pour sauver l’honneur des « membres du même groupe racial » ? Vous faites bien trop d’honneur à l’extrême droite en l’érigeant de la sorte comme curseur politique.

J’anticipe la critique et cela me permet d’aborder un second point.

Vous affirmez précisément que les féministes françaises auraient fait preuve d’une condescendance envers les femmes musulmanes dont vous précisez l’origine maghrébine. Ainsi ne seraient-elles pas considérées comme de « vraies françaises » par les féministes « blanches », de même que le féminisme leur serait dénié.

    Premièrement, pourriez-vous m’indiquer à quel moment l’évolution de l’anatomie féminine a fait apparaître le voile comme organe des femmes africaines du nord ? Vous parlez des femmes musulmanes comme si elles étaient automatiquement des porte-voiles et que cela constituait leur nature spécifique. Madame, considérer la différence radicale d’autrui sans établir a priori un rapport hiérarchique s’appelle racialisme. Somme toute, pour être correctes, les femmes musulmanes ne sauraient être que de bonnes sauvages rentrant parfaitement dans vos critères d’inspiration vaguement tiers-mondistes.

Poursuivons, vous dites que le féminisme leur est confisqué. Si vous considérez le féminisme comme une identité, alors il n’y a pas de problème, chacune connaît aujourd’hui la chanson : « I am what I am ». En revanche, si vous avez un minimum un souci de cohérence politique, précisément calibré par un projet politique – le féminisme n’est pas un simple produit de consommation soumis aux aspirations de factions hétéroclites. Le féminisme, comme tout ce qui relève du domaine politique, est discriminant de principes. Aussi, de la même manière que votre conception de la laïcité est assez étrange, vous formulez en pointillés une conception de l’égalité qui n’est en rien « inclusive », mais bien proportionnelle : chacun son droit fonction de la place qu’il ou elle occupe dans la Cité.

Sans assumer cette posture proprement politique, vous n’admettez même pas que les tenantes du multiculturalisme se regroupent en associations –mais vous voudriez que chaque groupe féministe adhère massivement, dévotement à cette visée. Selon vous, les féministes républicaines, dont je rappelle tout de même que la pensée républicaine n’est pas réductible à la vie politique durant la IIIème République, devraient tout bonnement ignorer l’histoire et les implications du voilement des femmes par culpabilité coloniale ?

Pourtant, l’égalité consiste en une confrontation des propositions entre pairs, non pas en compassionalisme lâche. D’ailleurs, votre discours ne trompe personne. Celui-ci dessine clairement les contours d’une gestion multiculturaliste des affaires publiques. Un acquis, selon cette perspective, si fondamental que serait le droit à des horaires non mixtes en piscine pour les femmes musulmanes qui pourront s’y baigner en « burkini » ! L’Etat est moins vilain lorsque l’on est en mesure de capter le droit.

D’une démarche holiste, l’on passe donc à l’individualisme méthodologique : le « choix », la « perception », l’ « identité » semblent être des notions commodes … lorsque l’on parle des Autres? Comment pouvez-vous passer d’un Mouvement de Libération pluriel dans les discussions à l’œuvre, mais régulé par des principes fondateurs communs, à un éclectisme incohérent où chaque groupe sociologique de femmes devrait empiler les déterminations pour agir?

Mais pire encore, comment parvenez-vous à tolérer le sacrifice des femmes … pour des hommes sous prétexte qu’appartiendraient au « même groupe racial » ? Depuis quand la religion est une « race » en outre ?

L’auto-subordination militante serait ainsi le nouveau leitmotiv du féminisme contemporain ?

Car votre chronique manifeste une contradiction phénoménale : d’un côté vous dites que les femmes voilées ne sont pas de pauvres victimes soumises, et de l’autre vous avancez que les féministes non communautaristes devraient les laisser gentiment, tranquillement, sans les perturber, sans les brusquer s’organiser entre elles puisque seraient, selon une rhétorique libérale huilée, des minorités opprimées. Elles ne seraient donc pas aptes à répondre à la critique?

    Dans une autre mesure, pensez-vous sérieusement qu’il soit si inadmissible de se dévoiler pendant quelques heures dans les administrations publiques et à l’école ?

En l’occurrence, vous affirmez que les femmes voilées subissent des discriminations sexistes et racistes. Vous ne faites aucune mention des attributs de la première, mais vous la subordonnez volontiers à la seconde. Ainsi, que le voile indique l’impureté des femmes non point autorisées à circuler dans l’espace public en sujets de droits autonomes serait moins subordonnant que des instances publiques permettant de mettre à l’écart les traditions héritées ? Le stigmate d’impureté ségrégationniste par essence … devrait s’imposer comme tel dans ce qui constitue le socle de principes et de valeurs communs ?

En conséquence, l’école, lieu par excellence de l’apprentissage et exercice critique de la pensée vers l’autonomie, devrait se faire l’écho de coutumes patriarcales familiales ? Vous pensez sincèrement que des parents qui voilent leur fille si jeune vont accepter sans broncher qu’un jour celle-ci rentre à la maison et leur disent : « Maman, Papa, je suis athée» ?

L’école est une instance publique qui est la seule à pouvoir faire autorité contre les pressions familiales. La fille n’est alors plus livrée à elle-même pour confronter la dévotion de ses parents ; et elle dispose d’un espace pour expérimenter sans une espèce de gymnastique intellectuelle abstraite, l’égalité et la citoyenneté. Soit ce qui relève de la solidarité et de l’intérêt public. Non pas de la concurrence entre intérêts divergents et l’indifférence relativiste.

Il est commode d’instrumentaliser les filles pour en faire une monnaie d’échange ou de chantage ; et d’empêcher le corps enseignant d’expliquer le principe de laïcité et les raisons en conséquence, de l’interdiction des signes religieux ostentatoires à l’école. Cela paraît ainsi une décision unilatérale arbitraire alimentant dûment la défiance et le repli identitaire.

      Vous dites que la laïcité a fait l’objet d’une « réinterprétation radicale ». Retour de la fameuse ritournelle consistant à dire que le principe ne serait applicable qu’aux agents administratifs ; et que les individus ne seraient tenus à rien du tout. J’avoue que je suis perdue. Est-ce à dire que même les petites filles auraient une liberté de conscience telle, qu’elles porteraient le voile elles aussi par solidarité avec les « membres du même groupe racial » ?

Mais plus encore, le port du voile n’est pas interdit en France, les femmes ont les mêmes droits que toutes – seulement, comme mentionné plus haut, vous considérez le voile comme une greffe justifiant des accommodements. Une fois de plus, c’est un certain modèle de société que vous défendez. Ce n’est pas l’anti-racisme qui est au cœur de votre texte, mais précisément, une reconnaissance racialiste à l’origine d’un ordonnancement juridique tout à fait spécifique. Subjectivisme en plein, l’inclination de certaines devrait justifier des dérogations au droit commun – la loi du silence imposée au reste des citoyennes et des citoyens : dites amen ou taisez-vous. En annexant le débat politique à une question de modes de vie, celui-ci se trouve circonscrit à une synthèse individuelle de termes qui ne trouveraient que localement leur application (ainsi vont les sonates en mineur : « c’est mon choix », « j’ai mes raisons ») sans égard pour l’ordre commun.

Or telle n’est pas la vocation de la laïcité. Je rappelle tout de même qu’elle n’est pas un produit spontané de l’Occident. De même que contrairement à une approche identitaire, elle ne consacre pas une marginalité égotique – la laïcité articule l’autoconstitution du sujet, non pas dans un rapport narcissique, mais toujours en confrontation à l’altérité ou l’extériorité de l’espace public. Cet espace public a une vocation universelle (il tend à la généralité), il requiert autolimitation et justesse. La liberté politique ne consiste donc pas à râler la concrétisation inauthentique d’une prétendue identité tribale, mais à être capable de relever ce qui affère au domaine public et privé. Agresser une femme voilée n’est pas plus tolérable que de prétendre que le voile est une espèce de résistance antiraciste. Ce sont les deux faces d’une même pièce.

      Dès lors, votre tendance à vous exprimer au nom des femmes musulmanes reste sidérante. Les femmes musulmanes ne sont pas un bloc identitaire (oui, jeu de mots). Etrangement, personne n’a eu écho de votre soutien à l’occasion de la manifestation du 10 juillet 2015 organisée par le Collectif des Femmes sans voile d’Aubervilliers ; mais on ne compte plus le nombre de pétitions que vous avez signées avec des prédicateurs tels Tariq Ramadan.

Sans compter que les femmes de culture musulmane athées sont absolument absentes de votre discours. Cela montre le clivage proprement politique de cette affaire. Les citoyennes de confession musulmane, les citoyennes de culture musulmane athées – bref, les citoyennes ayant à cœur l’émancipation véritable, le souci du Bien Public et des libertés publiques sont ignorées, voire reléguées à des anomalies, ou de viles traîtresses colonisées par l’Occident. C’est malin.

Comme votre proche idéologique Emmanuel Todd, vous tentez d’objectiver sous de faux prétextes sociologistes -l’islam est la religion des pauvres opprimés- ce qui relève d’un militantisme identitaire mettant en concurrence les bonnes et les mauvaises sauvages. Alors, il est bien aisé de réduire la vie politique à un affrontement entre l’extrême droite et les gentils gauchistes aux côtés de la veuve et l’orphelin ; lorsque la complexité du problème est complètement évincée. L’organisation « entre elles » des femmes sans voile d’Aubervilliers ne semble en l’occurrence, pas rentrer dans vos critères d’auto-émancipation effective et subversive. Seraient-elles racistes ?

     Enfin, vous terminez votre chronique en suggérant qu’il serait grand temps de mettre un terme au désaccord autour du voile qui divise inutilement le « mouvement » féministe. En effet, il est toujours facile d’esquiver le conflit en déplaçant la problématique de l’intégrisme et du patriarcalisme, à un simple port du voile coutumier. Comme vous le signifiez, nous manquons effectivement de temps. Quand des caricaturistes sont assassinés parce que se moquent de l’intégrisme, et que des féministes ne trouvent rien de mieux à faire que de proférer l’incantation névrotique « phobique », sans considération pour les femmes d’ici et d’ailleurs qui luttent contre les coutumes abrahamiques faisant des femmes des propriétés tribales, c’est que le problème devient en effet très pressant.

Si, comme vous le prétendez abusivement, les lois françaises sont racistes de ne pas considérer les femmes d’origine maghrébine comme des mineures ne pouvant se passer du stigmate d’impureté, je ne sais que penser de votre projet ouvertement racialiste.

-Virginia PELE, citoyenne féministe, politiste atterrée

*Lien vers l’article par C.Delphy :  http://www.donotlink.com/g1o0
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  1. Délit de faciès: quand une blonde se fait tabasser par son mec, c’est de l’oppression patriarcale mais quand une brune foncée se fait parquer à la maison et invisibiliser sous sa tente transportable alors là c’est une super culture à protéger de ce vilain néo colonialisme blanc qui méprise l’islam ou l’Orient ou le reste du monde à part l’Europe.

    • eh oui en plus délit de faciès, on ne sait rien de vos métissages, et malheur aux visages pâles, de toute façon les femmes doivent payer pour les péchés des pères…
      et si vous ^tes un peu trop mate, hop si vous ne vous cantonnez pas à l’origine de vos pères supputés, étiquette de « blanchie »… tout est bon, tous les anathèmes sont bons jusqu’au point godwin pour faire taire les filles d’exilés de quelque horizon soient-elles-

    • En fait, les femmes portant le niqab (dont beaucoup ne sont pas « brunes foncées ») étaient loin d’être « parquées à la maison » avant l’interdiction du niqab dans l’espace public…
      Si le niqab a été interdit, c’est bien parce que c’est leur présence dans l’espace public qui a été jugé dérangeante, mais rien n’a vraiment été fait pour s’assurer du fait que ces femmes n’étaient pas victimes de violence à domicile. Non, au lieu de ça on leur a envoyé la police, mais les politiciens majoritairement masculins qui ont soutenu l’interdiction du niqab se foutaient bien, en réalité, de protéger ces femmes contre d’éventuelles agressions. En plus, maintenant, suite au passage de la loi, certains croient bon de faire justice eux-mêmes en agressant les femmes portant le niqab, donc sont-elles mieux protégées qu’avant ?

      Et parler de « délit de faciès » dans ce cas-là, n’est-ce pas donner du crédit à la supercherie qu’est la théorie du « racisme anti blanc » ?

      Et si on parle d’insulte, moi je trouve bien insultant pour l’intelligence de Christine Delphy de résumer ses engagements anti-racistes ainsi.

      • Pourquoi ne faites-vous pas mention des femmes agressées parce qu’elles ne portent pas le voile ? Il est bien précisé dans l’article que les attaques contre les femmes voilées obéissent à la même logique « greffon » – il est supposé que toute femme musulmane porte le voile, et qu’il est un organe féminin de la femme orientale.

        Les femmes sans voiles d’Aubervillers qui soutiennent la loi auraient un pénis virtuel ? Tenez donc – Et vous ne faites que confirmer l’article, les femmes comme pions de chantage, qu’elles ne puissent sortir de leur maison qu’à condition d’un voilement intégral, cela vous paraît tolérable ? La République devrait accepter les conditions des intégristes ? Remettre les choses à l’endroit plutôt que de compassionnalisme qui cautionne le pire. https://www.youtube.com/watch?v=u4msv_SL2oc

        Le délit de faciès mentionné est du fait d’une intersectionnalité qui n’admet de propos que parce qu’ils sont articulés par une membre de la communauté en question, et discrédités dans le cas contraire. Ajoutons que les bonnes sauvages ne sauraient émettre aucune critique sur les pratiques héritées, mais seulement les pousser en avant pour rassurer les gauchistes qui alimentent la défiance systématique —

        Oui parlons d’insultes, le fanclub de Christine Delphy est incroyable, mais surtout, prétendre que les citoyennes ne seraient pas capables de voir la gymnastique idéologique identitaire, l’est encore plus. Christine Delphy n’est pas antiraciste, elle est racialiste –

      • Votre commentaire sous cette lettre d’une féministe irréprochable, dont vous devriez deviner l’origine… est sciant.

        Qui imagine un seul instant que qui que ce soit enquiquine les vieillardes qui toute leur vie ont trainé des moufflets et des cabas pendant que les gars au bistrot à siffler les nanas…

        En 2000, les burka / nikabs circulant tout à fait librement, totalement fermées, aux Quatre temps à La Défense, entre autres. La loi de sécurité (qu’ont aussi adopté plusieurs pays musulmans) n’empêche pas ces converties, entre autres, de s’imposer aux yeux de tous en bafouant principes et surtout luttes féministes. Faire la nique à la France serait tout leur but, comme ça d’un seul coup. Elles auraient été empêchées d’aller à l’école, à l’hôpital, n’ont pas été vaccinées, suivies scolairement, avec dix mille formations professionnelles à choisir comme nous toutes, etc. ? Nous vivons côte-à-côte dans les mêmes hlm et cela se saurait si une administration quelconque refusait quoi que ce soit.

        Parquées à la maison, les niqabées où avez-vous vu cela A. ? Point du tout, on rencontre régulièrement partout niqab et tchadors, et c’est bien cela qui crée un malaise faisant un terrible tort à tous les musulmans (la plupart supportant encore moins que les féministes modernes françaises non traditionnalistes métisses du rose au marron pour être précises (après tout, nous les générations suivantes que pouvons nous aux insultes qui se lancent entre les factions de 70 qui ont encore des comptes à régler ?)

        Sans compter l’effroi suscité car vous n’ignorez pas que nous avons besoin de voir un visage pour le reconnaître et ne pas s’en effrayer, les mains, les membres et la façon de se mouvoir sont des tas de signes nécessaires à la bonne entente, ou tout du moins à l’indifférence et la neutralité dans nos immenses mégapoles comme dans les petites villes et villages. Non seulement des psychologues tunisiens parlent des effets psychogènes des fillettes voilées mais aussi tenter l’expérience avec des primates si cela ne nuit pas aux bonnes relations.

        Ces musulmans opposés aux voiles et au voilisme dans leur ensemble qui d’ailleurs s’offusquent et regimbent mais peu importe au microcosme parisien qui sait mieux la religion musulmane que majorité des musulmans. Autant dire que c’est tout de même phénoménal que ce soit des féministes traditionnelles historiques institutionnelles comme Delphy, et toutes parisiennes et aisées, qui s’avisent de dire ce qui est leur religion et leurs origines. Parlant en place sans aucun mandat !

        De quel droit traiter d’autres féministes de féministes blanches ? De quelle autorité ? De quel droit ? Juge, arbitre et quoi encore ?

        Mademoiselle Delphy et vous ne vous entretenez qu’avec une infime minorité, sinon vous sauriez qu’elles disent que la seule solution pour ne pas être enfermées au gynécée, c’est que la loi républicaine soit ferme. Sinon, impossible de lutter contre le père et ses acolytes, surtout maintenant que des imams se sont mis en plus de la partie et sites maison.

        Les filles qui veulent résister à la pesanteur du voilage soudainement prétendu religieux n’ont plus même le recours en disant au père obsédant et obsédé : « dehors où je dois me rendre pour les courses, les démarches, l’école, le travail, il n’est pas permis de porter cette marque distinctive ! » Terminé, à vie. De plus, planer au dessus du commun, montrer que l’on a la plus belle foi, la plus éclatante, qui ne céderait pas à cette tentation ? Etre la meilleure, faire plaisir à papa, maman

        Et dans les cas contraire, où de nulle part surgit cette exigence de la petite fille ou plus âgée, si vous étiez de leurs proches, vous sauriez aussi que la posture idéologique pirodelphyques permet aux jeunes filles qui s’opposent à leur mère et père musulmans tolérants -et ce sont les plus nombreux mais eux non plus ils ne sont jamais entendus-, d’imposer à domicile ce que leurs séducteurs et les sirènes religieuses sussurent que modestie du voile pour monter au ciel… Là aussi, c’est une trahison profonde et inique de ces familles

        Les voiles de toutes tailles se sont multipliés et qu’elles aillent à lidl ou chez vuitton, qui va vérifier la façon dont elles sont traitées maison ? Personne, mais ce que l’on sait c’est que le pack global

        Pour le délit de faciès que je maintiens, demandez à mes copines basanées, la plupart métisses, qui viennent de tous les coins du monde sans rien de musulman, et que les gars des cités et des voilées au nom de l’islam toujours traitent de putes arabes, en les maltraitant du fait de leur teint comme si elles appartenaient à une race et une religion… Ce ne serait à votre sens ni délit de faciès, ni racisme, ni sexisme ? Qu’est-ce donc ?

        Ah cela pour sur, il y a beaucoup de gens qui font justice eux mêmes, crachats, intimidations, pressions, viol collectif, cela on s’en aperçoit tous les jours, et depuis pas mal de temps. Et c’est vraiment malhonnête de laisser un seul instant supposer qu’un seul salopard soit toléré. Pas de quartier, d’où qu’il soit. Au poste et en justice, pour toutes et tous sans distinction !

        D’autre part et à titre liminaire, pas d’émigrées slaves -très blanches, certaines plus que caucasiennes-, tout aussi blanches que les Françaises du Nord au Sud de l’hexagone, voire plus pâles encor ? Alors qui les soutient comment dans ce discours bancal ? Pourtant, l’esclavage et le racisme dans ce cas là sont bien antérieurs à l’histoire coloniale du 18 et 19e… alors bien sur qu’il y a eu du racisme anti slavonne et donc anti blanc, et comment !

        A se demander si le racialisme ne tend pas par son refus du métissage de principe à devenir plus que raciste.

  2. En effet, tout pour qu’on s’organise avec ses éditions syllepse, son blog, ses colloques avec tramadan (😉 mais non lui ne fait pas influence patriarcale, il n’est que d’influence fraternelle😉 un peu osé d’aller lui faire du genou sous la table des podiums, pas clair.. ), avec son montage du pir, son soutien d’infréquentables antisémites xénophobes, et même maintenant d’outre manche, le dénigrement vole jusques à nous :o) et viva http://susaufeminicides.blogspot.fr/2015/03/pommes-reinettes.html

    Féminisme traditionaliste n’est pas féminisme- nos aïeules n’ont pas eu assez de mal à s’extraire de cette gangue ? L’union a tout prix, le pistolet sur la tempe, mais c’est juste stupide, humainement et politiquement-
    Faîtes ce que j’ordonne mais gare à vous si vous vous avisez de critiquer mes assertions qui méconnaissent le terrain et la géopolitique, et quelques autres disciplines… http://susaufeminicides.blogspot.fr/2012/03/devoilez-vous-mesdames-une-fois-pour.html

    Quelle grande solidarité delphyque, mais certainement pas un seul instant adelphique, avec ses anciennes cops de 70, quelle belle sororité avec les filles d’exilés que nous sommes pour beaucoup d’entre nous… La preuve en est la lettre ouverte, ci-dessus, d’une fille d’exilés qui en a ras la casquette des calomnies ras des pâquerettes…
    Cette faction intersectogochiste n’est pas la seule à savoir penser.

  3. D’autant que d’après certaines féministes, l’efficacité du « mouvement » dépendrait :

    1) De notre capacité à faire le canard devant l’intolérable : se taire, être à l’écoute et compassion oblige envers les « aliénées » .
    2)D’ un taux de lâcheté élevé afin de donner l’impression d’un mouvement unitaire.
    3) D’une béatitude face aux féministes consacrées qui disent des âneries mais sont tout de même acclamées.
    4) De la capacité à endoctriner les jeunes filles et les jeunes femmes pour qu’elles souscrivent au 1)2)3) et qu’elles soient les pires citoyennes que la République ait connu depuis la participation politique effective obtenue par les femmes.

    Ainsi, nous aurons un féminisme autogestionnaire avec ses cheffes de tribu et leur délégation. C’est un « choix » en effet.

  4. « Les femmes « choisissant » de porter le hijab le feraient pour échapper à l’hostilité à l’égard des musulmans. Le hijab, simple acabit spirituel, ne serait qu’un refuge permettant aux femmes de montrer leur solidarité avec les « membres du même groupe racial » (« same racial group »). Mais ce port du voile intégral pourrait également s’avérer être un acte de défiance envers l’Institution »

    Quel rapport entre hijab et voile intégral ? Le hijab est un simple foulard couvrant les cheveux, rien à voir avec le voile intégral ! D’ailleurs je ne crois pas que Christine Delphy fasse de mention au voile intégral dans son article…

    • Je ne vois pas en quoi les nuances vestimentaires islamiques changent quoi que ce soit- mais puisque vous vous y collez, le hijab n’est jamais sans un accoutrement que ne laisse apparaître les autres parties du corps. Fascinant. Je vous laisse donc lire l’article pour vous assurer des propos de Christine Delphy.

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