Programme d’échange postcolonial.

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 Pour une pragmatique en faveur de la paix entre les nations.

Chacune sait combien les relations internationales sont matière à contentieux : dilemme de sécurité, politique guerrière de notre cher ami Raymond Aron, guerre juste, guerre sainte, communauté internationale, impossible société civile internationale, réalistes, libéraux, constructivistes, clash des civilisations ; bref en vrac, vous voyez, autant de questions et d’éléments essentiels pour les politiques intérieures du reste.

Vous connaissez plus précisément les tenants et aboutissants du fameux ‘clash des civilisations’, mais n’en déplaise au théoricien honni Samuel Huntington, WLWB va vous exposer très simplement une solution claire pour la paix entre les nations, entre les peuples, et entre les ciotyen-n-es.

Nous voilà face à deux conceptions : l’une assurant l’affrontement entre les ‘blocs’ oriental et occidental, et par suite, une autre affirmant l’impossibilité d’une communauté internationale stable. En effet, la guerre serait parfaitement inévitable à cause du principe d’ « anarchie » des Etats qui ne cessent de vouloir accroître leur puissance. Par ailleurs, une trop grande divergence des ‘valeurs’ entre les nations rend impossible leur collaboration. Attachons-nous à ce dernier point, puisqu’il fait (forcément) écho aux ‘litiges’ intérieurs.

Supposons qu’en effet, chaque nation soit absolument autarcique, mais – considérant les mutations géopolitiques depuis la Seconde Guerre Mondiale-, qu’elles doivent a fortiori interagirent pour maintenir l’ordre international promût nous le savons bien, par la Charte de l’ONU définitivement en faveur de la paix.

Une possibilité s’offre à nous, pour à la fois atténuer les craintes d’Huntington, confirmer le constat de John Mueller, et entendre les revendications des Etats autoritaires et théocratiques : le programme d’échange postcolonial.

Le principe est simple : puisque ‘je suis moi, et que toi tu es toi’ : blanche, noire, grande, petite, riche, pauvre, rousse, brune,et cætera, et que nous devons tout de même cohabiter, et bien proposons de faire un échange. Ainsi, à l’instar de nos grands sauveurs, proposant de se voiler par solidarité aux mystiques en occident (voyez vous-même, c’est hilarant https://www.facebook.com/groups/221586881341017/), et bien il ne faut point s’inquiéter : le monstre occidental, si intolérant, décadent, cruel pervers offre dans ses Etats de droit, toutes les mesures nécessaires en faveur de la libre circulation des individu-e-s. Dès lors, nos chers communautaristes en crise d’identité, et malheureusement leur monnaie d’échange que sont les femmes parées d’un voile et dérivés féminicidaires, n’auront qu’à dument allez en Afghanistan, au Yémen, en Iran, en Arabie Saoudite. Et pourquoi pas ? Après tout, les femmes portent le voile, le hijab, la burka, le niquab là-bas, tranquillement. On est même lapidées si ce n’est pas le cas ! Le rêve non ? Point de lieux publics où ne pas porter de signes religieux ostentatoires, c’est 24h/24, et si vous allez en Arabie Saoudite, vous pouvez varier les modèles et les couleurs ; et puis, les féministes sont muselées comme il se doit en phallocratie mystique, donc elles ne pourront pas exprimer leur rejet et leur quête d’émancipation.

Inversement, les femmes des Etats fascistes et autoritaires, pourront venir dans les Etats de droit pour bénéficier de leurs droits politiques, exprimer leur mécontentement, exercer leur liberté politique hors des appartenances identitaires. S’auto-déterminer, être un sujet libre et mettre en accusation la phallocratie où qu’elle soit.

Nos doutes sont ainsi évacués. Grâce au ‘postcolonialisme’, et grâce au ‘postmodernisme’.

Les culturalistes qui prétendent que le voile est un organe féminin, qu’il fait partie des femmes de culture musulmane, ceux-là sont les premiers racistes. Ils réifient les femmes en fonction de ce que les hommes en ont fait. Ils piétinent l’histoire des femmes d’ici et d’ailleurs pour leur liberté et leur émancipation. Ils crachent sur les droits humains des femmes. L’aliénation n’en fait pas partie de ces droits humains. Et dans l’aberration continuons : voilà que l’émancipation ne consiste plus à s’affirmer comme sujet politique en démantelant les institutions subordonnantes, que nenni. Elle consiste à rassembler les moyens pour supporter au mieux l’avilissement. La solidarité postmoderne consiste ainsi à donner de quoi mordre à l’esclave pour supporte les coups de fouets.

Peut-être alors faudrait-il assumer ses dires et ses actes : si la foi et l’aliénation divine est si tentante, il y a bien malheureusement des zones géographiques où Dieu fait la loi. Ou alors on dévoile -n’est-ce pas-l’ hypocrisie : il ne fait aucun doute qu’une fois de plus, il s’agit de plonger les femmes dans la résignation par l’aliénation de leurs aptitudes critiques, de leurs pensées, de leur autonomie et de leur jugement. Si tout se vaut, si les principes d’une communauté politique assoie l’unilatéralité de la sacralité, qu’elle soit individuelle, mystique ou divine, elle rend évidemment impossible l’hérésie, laquelle est absolument fondamentale en démocratie (d’un point de vue non normatif cela va sans dire). Par-là, tout n’est pas équivalent, toutes les propositions ne sont pas égales parce qu’elles n’ont pas le même sens, ni les mêmes implications. Les idées peuvent également être exposées sur la scène politique, mais elles ne sont pas nécessairement aptes à ou souhaitables pour conduire l’orientation de la Cité. Il faut donc examiner ce à quoi nous avons à faire, au lieu des litanies incessantes.

© Women’s liberation without borders 2013

 

 

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