La Charte des valeurs québécoises face à la mythification de l’exclusion.

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                                 Quelques mots de soutien aux citoyen-n-es québécois-e-s.

 

        Le gouvernement québécois a proposé il y a quelques jours, l’adoption d’une Charte des Valeurs Québécoises afin de palier la montée intégriste, et sa légitimation culturaliste grandissante et instituée par les accommodements raisonnables. Cris de colère de la part des gourous intégristes et ses martyres voilées, voilà que le gouvernement ne serait rien d’autre qu’un corps fasciste, raciste, et autoritaire.

Pourtant, nous voilà face à une Charte qui affirme les jalons d’une communauté politique ayant à cœur l’émancipation humaine, la liberté, et l’égalité de toutes et tous. Bien sûr, les tendances postmodernes ayant parfaitement passé un coup de lifting au bios politikos d’Aristote en faisant de la démocratie le milieu naturel des individus, le terrain est nécessairement bien entretenu pour le retour en force de pratiques phallocrato-mystiques, archaïques, mais si subversives face au monstre occidental. Huntington célébré, l’honneur du théoricien honni est sauf.

Ainsi, évidente est l’arnaque consistant à réclamer le privilège de l’authenticité culturelle, en mêlant le registre normatif et la matière principielle propre au domaine politique. En d’autres termes, il s’agit simplement d’une manipulation libérale selon laquelle l’Etat ou le politique, n’a pas à s’immiscer dans les affaires privées. Or chères lectrices, nous savons bien qu’il s’agit de laisser libre cours aux excès de zèle des demi-dieux, conquérant et privatisant l’espace commun à toutes et à tous, ainsi que l’espace politique. Il semble qu’au-delà de la sacralité des textes et pratiques religieuses féminicidaires de surcroît, dont -quelle honte !- nous serions ‘phobes’ de rejeter et de critiquer, la souveraineté individuelle paraît  d’autant plus sacrée. Car, allez dire aux femmes revendiquant le port du voile et de la burqua comme le nec plus ultra de la liberté des femmes, qu’il s’agit là d’un péché ; vous verrez qu’il y a bien un Dieu qu’elles vénèrent, et celui-ci possède un phallus très matériel, non point spirituel.

En effet, il n’est nulle part fait mention dans les écrits coraniques du port du voile pour les femmes. A l’instar de notre ami Saint Paul, qui j’en suis sûre, nos chers et chères collègues si progressistes et antiracistes n’hésiteraient pas à tancer – « L’homme, lui, ne doit pas se couvrir la tête, parce qu’il est l’image et le reflet de Dieu…Voilà pourquoi la femme doit avoir sur la tête un signe de sujétion. », affirme-t-il- ; le coran parle du voilement comme d’une introspection que tout croyant et toute croyante doit mener. A la sourate 33, le terme ‘voile’ désigne notamment le corps humain lui-même, où apparaît la lumière divine, et mortel à la fois. Il s’agit d’un passage métaphorique, que l’on aurait pu conserver dans sa dimension proprement spirituelle. Au lieu de cela, les intégristes ont pris de sacrées libertés n’est-ce pas, mais éminemment en concordance avec les principes phallocrates. Comme le souligne le poète Mohamed Kacimi en évoquant la Charia, les islamistes reprennent les outils analytiques élaborés en Occident ( en faisant par exemple, du voile une obligation institutionnalisée et juridique pour soi-disant se distancer de la débandade moderne occidentale, tout en profitant d’une rhétorique postmoderne afin de légitimer une telle position), pour leur propre intérêt mystique autoritaire: « La Charia, c’est le mimétisme aveugle, le respect de la lettre et le mépris de l’esprit. J’ai toujours pensé que l’intégrisme était une forme d’analphabétisme ».  Pendant des siècles, les philosophes arabes ont travaillé à la fin du mysticisme. Pour ne citer qu’un seul exemple, Al-Fârâbî, premier traducteur d’Aristote, s’est consacré aux sciences et à la philosophie tout particulièrement. Si son œuvre est largement inspirée de la pensée grecque,  et qu’elle se trouve à ce titre contestable d’un point de vue féministe, il n’en demeure pas moins qu’il a mis au centre de ses études l’épanouissement intellectuel, la pensée et la sagesse découlant à cette époque, de l’activité philosophique. Tant et si bien que cela lui a valu le surnom de mubtadi, insulte signifiant ‘novateur’.

Ainsi, les luttes identitaires contre la prétendue suprématie occidentale -autant au passage, que les revendications nationalistes-, évacuent l’histoire des peuples communiquant et échangeant. La culture n’a pas de frontière, et elle ne gagne qu’en diversité. Production de l’esprit – que ce soit artistique, intellectuelle, culinaire, artisanale-, elle n’a rien à voir avec des pratiques féminicidaires, évinçant les femmes sous un voile.  Elle est le fruit de l’unicité ou de la singularité de chaque femme rétablit par la sphère politique. Or, si les modernes aiment à utiliser l’exclusion des femmes dès l’Antiquité, pour mythifier la figure de l’exclu-e, il s’avère pourtant peu adéquat d’élaborer de nouvelles catégories plongées dans une altérité telle, qu’elle ne permettraient plus de penser l’espace commun et l’émancipation. Le musèlement des femmes par le gouvernement phallocrate, est une entreprise consensuelle, autoritaire et uniformisante, visant à empêcher toute créativité politique de la part des subordonnées. Apparaître sur l’espace public, c’est s’affranchir des appartenances identitaires. Voilà ce que nous offre une liberté politique bien instituée. Voilà tout ce que ne permet pas le port du voile.

En effet, est mise en avant une théorie du complot contre les musulman-e-s. Et quid des femmes de culture musulmane critiques des pratiques mystiques ? Ces revendications identitaires créent des micro- communautés, enfermant les dissidentes qui rentreraient quelque peu dans les critères d’appartenance : femme, musulmane, orientale etécétéra dans le silence le plus totale, sous peine d’être accusées de trahison ?

Mauvaise foi mise à part, il est plus qu’aisé de comprendre qu’une organisation politique qui se veut démocratique ne peut se porter garante d’un tel projet. Le ministre Bernard Drainville, chargé des instances démocratiques le souligne très bien: la charte, qu’il nomme lui-même ‘ La Charte québécoise des droits et libertés’, a pour objet d’instaurer un espace commun, mais également pluriel en termes de liberté d’opinions. Chaque citoyen-n-e a droit à la libre expression de ses convictions politiques, au traitement égal devant la loi, et à la liberté de conscience. Nulle part n’est mentionnée une privation de ces droits – politiques quant à la libre expression de l’opinion-, pour causes confessionnelles. Une femme musulmane, catholique, protestante, orthodoxe, juive, et je vous laisse continuer la liste, peut librement s’exprimer indépendamment de ses inclinations religieuses.  Alors, pourquoi scander à l’exclusion fasciste lorsque précisément, ces droits fondamentaux s’appliquent à toutes et à tous ?

Le droit des communautaristes de revendiquer leurs pratiques phallocrato-mystiques est précisément garantit par ces principes. Nous voyons très bien de quoi il s’agit : le tout-se-vaut, le droit subjectif au détriment des droits fondamentaux, est quant à lui, garant d’une unilatéralité qui par définition, permet d’empêcher l’expression de toute dissidence. L’Etat doit organiser les cultes religieux, pour rétablir une sacralité dogmatique que les femmes ont mis des siècles à combattre. Et quel meilleur moyen que de placer cette manipulation sous l’égide normatif ? Au monstre occidental, opposons la victime orientale : les femmes voilées, stigmatisées, exclues. D’autant que contrairement à l’affirmation répandue, les communautaristes sont loin d’être contre le contrôle étatique, dès lors qu’il assure leurs intérêts via les accommodements raisonnables. On déplore ainsi une Charte stigmatisante -tandis qu’elle s’applique à toute confession et à chaque citoyen-n-e-, lorsqu’en même temps on réclame un traitement distinct organisé par l’Etat.

Pourtant, je peux vous assurer qu’il n’est pas besoin de porter un voile pour être victime de racisme. En outre, j’ajoute qu’il est plus que commode de le porter pour bénéficier d’une complaisance qui ferait pâlir de dégoût Huda Sharaawi. Revendiquer le port de stigmates patriarcaux, et ensuite lamenter la stigmatisation des femmes musulmanes ? Chères lectrices, on nous prend pour des truffes. Car une stigmatisation a bien lieu : quelle surprise les femmes se distançant des places assignées par la phallocratie déclenchent-elles. Ainsi, si vous avez le malheur d’avoir un nom exotique, je témoigne ici et maintenant des yeux ronds et les foudres que l’on vous lance lorsque vous apparaissez en tant que femme libre de ses convictions : sans voile, ni distinction particulière autre que celles qui constituent votre singularité en tant qu’être humain, exprimant un point de vue, mettons, laïque et féministe.

A l’instar de Christine Delphy qui a omis à l’époque, de passer un coup de téléphone à Khomeiny pour lui dire de péter un coup, car le voile c’est comme porter des piercings, et qu’il est à cet égard inutile de serrer les vices envers les iraniennes ; les femmes de culture musulmane se sont battues et se battent encore pour leurs droits civiques : cette capacité d’exercer un pouvoir politique effectif, dissensuel, et non identitaire, partageant un souci du monde avec leurs concitoyen-n-es. L’émancipation confère au droit sa dimension politique. Les contentieux politiques investissement les institutions. C’est ce que l’on observe actuellement en Egypte, où des femmes luttent pour une démocratie féministe,  séculaire et anticapitaliste. Aussi, quelle hypocrisie est-ce là de crier à l’exclusion, lorsque la politique et les luttes qui s’y conduisent constituent précisément une prise de position avec, mais aussi contre d’autres forces agissantes ?

La Charte des valeurs québécoises est une prise de position, l’institution de principes fondateurs et émancipateurs pour les citoyen-n-es québécois-e-s, dont la citoyenneté est de fait, garantit par un équilibre dissensuel énoncé dans la Charte elle-même. Au niveau politique, elle permet le libre déroulement des confrontations des différents groupes associatifs. Elle ne nie en rien, en reprenant les termes de Claude Lefort, ‘ la division originaire du social’.

En revanche, dans la mesure où elle admet que l’égalité relève du domaine public, l’Etat laïque constitue l’organe du maintien et du respect du principe, de l’axiome qu’est l’égalité. L’égalité est un principe appartenant à la sphère politique, mais elle est également le socle de l’espace commun (et dispositions communes) à toutes et à tous. L’école publique en l’occurrence, dépend de l’organe étatique. Dès lors, elle ne peut être le lieu où s’exprime une quelconque appartenance identitaire. Si l’école assure la passerelle entre la famille, et le monde, elle s’adresse aux élèves en tant qu’être humain à part entière. A moins de réifier les femmes en voile – ou d’en faire des barques comme le souligne si bien Christine Gamita, ethnologue et auteure du blog susauxféminicides-, les filles de confession musulmane, catholique, protestante, juive, athée, soufie, etcétéra, peuvent librement bénéficier de l’enseignement public. Encore une fois, où est l’exclusion ?

 D’autant que poser les filles en réceptacles impures, tentatrices et asservies aux demi-dieux, n’est certainement pas compatible avec une appréhension féministe démocratique et séculaire. De la même manière, les femmes travaillant au sein des services publics, comme le souligne le ministre, doivent faire preuve d’un devoir de réserve puisqu’elles sont agentes au sein d’instances où s’active la neutralité étatique. Il ne faut pas confondre la neutralité de l’Etat, avec l’indifférence et la caution étatique. La neutralité est une notion principielle que l’Etat fait valoir et respecter. Elle ne s’apparente guère au laissez-faire. D’où les sanctions en cas de manquement.

Une telle prise de position n’empêche pas de faire la critique de l’évangélisme libérale, promouvant l’hypersexualisation des femmes d’une toute autre manière que le port du voile. Notons au demeurant, dans le cas français, que cette position séculaire a été mise en oeuvre lors de la Commune de Paris, où les religieuses n’étaient pas admises dans les écoles et les hôpitaux publics en tant que souscrivant aux pratiques dogmatiques chrétiennes au sein de ces instances.

Bizarrement, les culturalistes et pseudo-féministes ont plus d’égard pour la liberté de conscience des femmes et plus importante, pour leur liberté politique lorsqu’elles sont de milieux chrétiens, que de ‘culture’ musulmane. Pourtant, je vous prie de croire qu’il y a autant de dissensions parmi les femmes ‘orientales’ qui ne parlent pas d’une seule voix, que parmi les femmes ‘occidentales’. La domination intracommunautaire existe bel et bien.

Alors, on nous targue de vouloir imposer une norme aux femmes voilées, d’entraver à leur liberté, alors que nous consacrons leur liberté de nous contredire en les confrontant à ce sujet politique, et non normatif. Ceux et celles qui imposent leurs préceptes, ce sont les gourous communautaristes. Jusque dans les instances étatiques, l’on devrait nous imposer des pratiques féminicidaires au nom du libre choix ?

Tyrannie de la souveraineté individuelle, moi je fais le choix de me ranger du côté des femmes qui luttent pour leur liberté, l’égalité, contre les carcans phallocrato-mystiques, contre toutes les formes instituées de la phallocratie.

La Charte des valeurs québécoise est un premier pas dans une lutte de longue haleine contre les intégrismes, l’autoritarisme, et pour l’émancipation humaine qu’il revient aux citoyennes de construire sans jamais baisser la garde. Les institutions se maintiennent, mais se renouvellent également. N’en déplaise à certain-e-s, la politique est un horizon indépassable, où la domination doit sans cesse rendre des comptes. Pour la masquer, exploser à coups de litanies au nom de l’intolérance témoigne manifestement d’un refus d’assumer la pluralité dissenssuelle, distincte. Or, quand on revendique des positions phallocrates et pratiques féminicidaires en nous narguant en plus, il ne faut pas s’attendre qu’à des louanges.

© Women’s liberation without borders [2013]

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http://www.lactualite.com/opinions/charte-des-valeurs-respirons-par-le-nez/  « Pour qu’il y ait neutralité, il faut qu’il y ait apparence de neutralité. Le vêtement religieux est un langage non verbal qui exprime la foi, les croyances et le code de valeurs de la personne qui le porte et c’est pour cette raison qu’elle tient à le porter. Faire prédominer cet affichage signifie que l’on place ses croyances au-dessus des valeurs véhiculées par l’État employeur. Accepterait-on qu’un fonctionnaire nous serve avec un teeshirt portant l’inscription «Je suis athée; libérez-vous de la religion»? « 

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/387315/laicite-quatre-mises-au-point-essentielles « Le symbole religieux introduit donc une barrière symbolique et une inégalité de fait entre les personnes qui le portent et les autres. Dans le cas du hidjab, par exemple, l’histoire nous montre que si plusieurs femmes l’adoptent volontairement, par piété ou pour des raisons identitaires, celles qui refusent de le porter sont souvent dénigrées et accusées d’être impudiques, harcelées et soumises à des pressions morales pour les pousser à s’y soumettre. »

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  1. Je suis bien de votre avis. Malgré le fait que Christine Delphy défende le port du voile plus qu’elle ne défend les femmes. Je ne sais pas son militantisme c’est perdu en route au profit des musulmans intégristes ? Je ne comprends pas. Cela m’a provoqué une réelle dissonance cognitive, et un certain malaise.
    Mais je ne suis définitivement pas pour le port du voile, et je vois d’un très bon œil son interdiction. Et franchement, ma belle sœur qui est musulmane ne porte pas le voile et a activement fait pression sur sa famille pour qu’on ne mette pas le voile à sa plus jeune sœur (qui vit au Maroc). Ce truc là est un symbole d’oppression et d’indignité des femmes, et ça me suffit pour trouver qu’il est injustifiable quel que soit le contexte, en France ou ailleurs.
    Depuis quand faut-il en tant que féministe, tenir compte de l’agenda des communautés musulmanes intégristes, ces dernières tiennent-elles compte de l’agenda féministe?
    Ça me ferait mal d’être solidaire de gens qui me considèrent comme essentiellement inférieure et qui dépensent tant d’énergie à réduire les libertés de mon sexe au nom de leur « dieu ».

    • Je ne peux que grandement soutenir ce commentaire. C’est tout à fait juste ! Et comme vous le dites, les féministes sont tout le temps culpabilisées pour tenir le cap contre toute pratique féminicidaire et patriarcaliste. Et c’est tout de même incroyable, car même quand vous êtes de culture musulmane, mais défendez une position féministe et donc séculaire, on vous traite de colonialiste et on suggère carrément que vous êtes une ‘blanche’ par procuration ! Cela m’irrite profondément. Car en plus d’être une aberration et de souscrire à la domination intracommunautaire, c’est complètement piétiner l’histoire des femmes au Maghreb et au Moyen-Orient, qui se sont battues et se battent toujours contre la phallocratie mystique. Et qu’on ne me dise pas que tout n’est qu’une question de choix. Une institution n’est pas moins subordonnante et avilissante parce qu’elle est légitimée par celles qui la subissent.

      En tous les cas, merci de votre commentaire. Cela fait bien plaisir d’avoir des paroles solidaires.

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