Femmes, luttons contre les stigmates genristes !

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«  … pour la créer à son image, il doit d’abord prendre son apparence, lui inculquant le mimétisme du Maître, et la déférence à son égard » – Somer Brodribb[1]

 

        Plus que jamais, il semble qu’en France la voie soit belle et bien ouverte à l’émergence des études de genre, largement popularisées par l’actualité récente. La loi pour l’ouverture du mariage aux couples de mêmes sexes, a donné lieu-comme chacun-e le sait- à des manifestations on ne peut plus grotesques somme toute, prônant le retour à un droit canonique, la complémentarité des sexes-rétablissant par là-même la vieille analogie entre nature, politique et domination- et la sacralisation des institutions soi-disant fondatrices d’un ordre politique et social stable : la famille et le mariage.

Pour remédier à cette résurgence du patriarcalisme traditionnel, les médias, la presse écrite ont amplement fait la promotion de son cousin : le patriarcalisme postmoderne. Dès lors, les études de genre se sont imposées comme l’alternative face à un essentialisme simpliste, pour laisser place à un essentialisme … plus alambiqué : réitérer les catégories sexuées, vous avez là, chères lectrices,  le chemin tout tracé vers le salut de l’humanité.

Outre le nihilisme prôné par les études de genre sous-tendues par l’idéologie postmoderne, nous assistons également à l’argutie sophistiqué et ésotérique faisant- et nous devons l’admettre, il s’agit là d’une nouvelle marque de mauvaise foi- du genre une catégorie ou concept fourre-tout- dans la noblesse que nous connaissons toutes à nos chers universitaires genristes-  parvenant à subtilement baratiner les féministes un tant soit peu soucieuses des ‘rapports de pouvoir entre les femmes et les hommes’ et leurs conséquences. Une constatation- qui reste, conformément à la tradition postmoderne, qu’une constatation- censée invalider  la dépolitisation inhérente aux études de genre dénoncées par les féministes radicales.

Bien sûr, nos chercheur-e-s en ‘gender studies’ ont vite fait d’introduire la prévalence d’un système normatif excluant, par définition, les ‘mal genrés’, les ‘déviants’, expressions regroupées dans les fameuses ‘identités genrées’. Force est de constater qu’ici le féminisme est invalidé dans ses tenants politiques, ou transformé en lutte identitaire. Pour connaître les référents théoriques du ‘genre’, je vous renvoie à l’article : ‘Le genre tombeau des femmes, mort du féminisme’.

Loin de s’inscrire dans une ‘subjectivation politique’ favorisant la désidentification au système dominant initié par le féminisme radical, nous assistons là à l’émergence d’un narcissisme masculin, cherchant par tous les moyens à consolider les pouvoirs patriarcaux au détriment des femmes. Relayées à des citoyennes de seconde zone, une de leurs fonctions principale est d’imiter le Maître afin de simuler une fausse réciprocité entre les deux sexes : l’égalité devient la simple réplique des pratiques phallocrates ; et légitimer l’ordre patriarcal.

Il n’est donc pas surprenant – bien qu’alarmant- d’apprendre la récente proposition de la Commission des droits de l’homme (CNCDH), d’introduire la notion de genre dans le droit français.

Il semble déconcertant néanmoins, que les seules voix prétendument dissidentes relayés par les médias soient celles des réactionnaires phallocrates. Pourtant il ne fait aucun doute qu’il n’est qu’une question de temps avant que les évangélistes traditionnalistes se réconcilient avec leurs cousins, évangélistes genristes, qui réintroduisent si valeureusement les conceptions chrétiennes aliénantes et déshumanisantes à l’égard des femmes, à travers une pratique mutilante tellement en vogue : le transgenrisme.  

Afin de comprendre les implications d’une telle proposition, il convient d’élucider les tenants et aboutissants du transexualisme comme pratique légitimée par la postmodernité, usant à la fois d’une rhétorique technocrate et d’une approche ésotérique transcendantale qui n’ont qu’une seule et unique visée : assurer la suprématie des hommes, en exterminant  les femmes, ie leurs corps alors défectueux, leur intellect, et les priver de leur capacité politique, en annihilant l’être politique Femme.

                                                                     ***

 

          Cela fait quelques années à présent, que le féminisme en France est cantonné autour de questions identitaires, tentant désespérément de surmonter un dualisme stérile entre nature et culture. Fondant la subordination des femmes aux hommes sur une différence biologique, la version genriste du dilemme imposé par le gouvernement phallocrate préconise la multiplicité des genres. Outre qu’il s’agit là d’un autre procédé binaire : au binarisme est opposé le pluralisme, on ne peut s’empêcher de constater une continuité manifeste avec les catégories sexuées traditionnelles fixées par la phallocratie.

Ce qui fonde le caractère postmoderne de la phallocratie, est précisément cette tendance à réitérer les pratiques dominantes, selon une logique prétendument pluraliste qui se veut consensuelle. Fondamentalement, il s’agit de faire du vieux … avec du vieux, en procédant seulement à un inversement de valeurs.  Ainsi, l’inconstance de l’individu narcissique se trouve mis en avant, et le gouvernement phallocrate tire sa légitimité du fait qu’il parvient à réguler cette ardeur individuelle, à l’organiser et à faire de la politique une scène parcellisée et privatisée par les hommes, exerçant souverainement leurs droit patriarcaux : prostitution, pornographie, BDSM, consommation, accumulation des richesses, telles sont les (quelques) instances patriarcales définissant l’ordre politique postmoderne.

L’égalité devenant une simple question d’égale satisfaction d’aspirations individuelles, les femmes n’ont qu’à faire de même : imiter les hommes, référents, symboles du sujet libre.

Dès lors, la liberté restée au stade métaphysique : ‘ je me sens libre, donc je suis libre’, la phallocratie comme organisation politique autoritaire asservissant les femmes, est occultée – et ce n’est pas un hasard- pour laisser place à des revendications identitaires fondées sur la reconnaissance du sujet opprimée, en tant qu’opprimée. Autrement dit, le genre étant, dans sa définition la plus basique (et inutile), dissociée du sexe, les identités – à la fois ce qui rassemble, et ce qui sépare, c’est ‘ ce que l’on est’ telle que constitué-e-s par l’organisation en place- genrées, ne sont rien d’autre qu’une réaffirmation non seulement des catégories sexuées, mais des fonctions sexuées. Les structures politiques patriarcales ne sont en rien changées et ce n’est d’ailleurs  pas du tout  le but de la théorie queer sous-tendue par le postmodernisme.

 Adopter le point de vue genriste revient à négliger les conséquences dramatiques et meurtrières des pouvoirs patriarcaux sur les femmes, en réduisant le système patriarcal à un système normatif.  Si effectivement la phallocratie n’est qu’une question de normes, alors nous sommes forcées de mettre sur un même plan les femmes et les hommes, indépendamment de la domination que ce-dernier groupe exerce sur le premier.

A partir de là, les femmes n’existent pas. Conformément à la tradition masculine de fétichisation, et d’objectification, en passant par la négation de la matière ; ‘femme’ devient un concept, une idée, un état d’esprit, caractérisé en même temps par un morcellement corporelle : vagin, poitrine, jambes, …. Dès lors, les femmes incarnant l’immanence, sont l’essence qui doit être détruite. L’anti-essentialisme prétendu de la théorie queer, ne repose pas sur une réfutation du pouvoir patriarcal légitimé par la nature, bien au contraire. Le transgenrisme en alléguant pouvoir prendre prossession du corps des femmes au moyen d’opérations chirurgicales, consiste à anéantir ce qu’il considère être l’essence- femme, les femmes elles-mêmes. Mais il ne faut pas s’y tromper, face au narcissisme masculin particulièrement développé par la postmodernité, il s’agit véritablement de faire disparaître les seules qui fassent sens, privées de leur autonomie politique, de leur humanité, et susceptibles en conséquence, de créativité politique : les femmes, ces Autres, qui, en conquérant leur autonomie intellectuelle, leur liberté politique, constituent une menace à l’ordre du Maître. Comme l’écrit Somer Brodribb : «  Le narcissisme masculin se trouve froissé par la singularité et l’autonomie des femmes » [2]. Les femmes remettent en question les catégories sexuées, les hommes cherchent à les renouveler, pour tenter de jusifier le bien-fondé de l’ordre patriarcal.

        Par conséquent, au mieux nous pouvons parler, en reprenant l’expression de Janice Raymond  dans L’empire transexuel , d’humanisme[3] ‘androgyne’– dans le sens où l’androgynie reprend les caractères masculins et féminins établit par la phallocratie, en y supposant l’équilibre ou l’interchangeabilité- mais certainement pas d’approche féministe politique, puisque le cœur même des fonctions sexuées – à savoir la subordination des femmes aux hommes, dont l’existence est annihilée- n’est pas remise en question. La multiplicité des genres détourne du vrai problème posé par le féminisme : une organisation phallocrate dont la structure est patriarcale, autoritaire et procèdant à l’extermination des femmes, physiquement et politiquement, par la privatisation de la scène politique détenue par les hommes, gangréné par le patriarcalisme et entravant toute tentative d’actions politiques féministes.

                       Les hommes ont davantage recours aux opérations de changements de sexe. S’il y a en effet des femmes-en minorité- qui subissent de telles opérations, cela reste indéniablement en cohérence avec un système de valeurs phallocentré. Clairement, le transgenrisme est une pratique misogyne initié par les hommes, pour les hommes, selon leurs valeurs. Par ailleurs, elle remet largement en cause l’intégrité du corps, et peut-être considérée comme une atteinte aux droits humains. Néanmoins, cette conception se trouve mise à mal par un pouvoir politique soumis à la technoscience : l’homme n’est plus seulement maître de la nature, il en est le créateur.

            Revenons un instant sur les fondements de la pensée postmoderne. Elle s’est développée dans les années 1980 (les prémices ayant étaient élaborés dans les années 1950 par le post-structuralisme) après l’effondrement des idéologies libérales et soviétiques d’alors. La ‘Fin de l’Histoire’ avérée selon ces auteurs, il fallait surtout comprendre par-là, la ‘fin du politique’. En effet, les attributs du politique ayant été ramenés à tout ce qui précisément détruit le politique, à savoir l’accaparement de l’outil étatique par les seuls gouvernants (domination), les penseurs de la postmodernité prônent la relativité, l’inconstance, et la prévalence de l’outil scientifique pour dépasser les contraintes matérielles.  Assurant la suprématie du ‘moi’ envers et contre-tout, la politique devient un procédé proprement im-politique, réhabilitant un nihilisme totale : tout se vaut, ni jugement, ni confrontation, la pire des injustices n’est qu’une conséquence inévitable du politique. Et pour cause, la désobéissance, la révolte ferait partie intégrante du pouvoir qui ‘donne tout’, c’est-à-dire qui définit les instances politiques auxquelles les individu-e-s ne peuvent échapper. Dans cette perspective ultra-fonctionnelle, l’action politique n’est qu’un effet de la domination (assimilée à la politique). Alors, l’apathie, la mort ‘violente’,  sont les seules alternatives à la mort ‘lente’ imposée par le système. «  L’Ere du vide » est donc celle de la dématérialisation et de la déréalisation, narcissisme et désolation oblige : seuls les mots ont une importance à travers l’analogie qu’ils dessinent. Car il faut garder une chose à l’esprit : dans ce néoplatonisme le symbole est plus réel que le matériau incarné.

A partir de là, la théorie queer exploite la crise existentielle des hommes pour élaborer un subtil évangélisme genriste, assurant la translation entre la conception chrétienne du corps des femmes comme impures, impropres et défectueux ; à la conception postmoderne qui prône sa disparition totale. Par-là, les hommes veulent être créateurs de la nature – Dieu le père- pour corriger une capacité qu’ils n’auront jamais : celle de donner naissance[5] . C’est ainsi que Jean- François Lyotard affirme dans Les immatériaux : «  S’il s’avère que vous détestiez être un homme, la biochimie et la chirurgie peut vous donner un corps de femme. Vous pouvez échapper à la destinée que l’on vous a tracé ».  La technique renforce alors la suprématie des hommes : en prenant le corps des femmes, ce sont les femmes elles-mêmes qu’ils réifient et redéfinissent. La dissociation matière/esprit assure une relativité telle, qu’elle anéantit non seulement symboliquement les femmes, alors matrices, l’origine, l’immanence selon les postmodernes, mais aussi physiquement par la légitimation de pratiques mutilantes qui rendent impossibles la contestation politique. Si en effet être femme n’est qu’une abstraction, aucune des instances phallocrates ne peut être attaquée : féminicides, assujétion, et enfin extermination, l’idéologie postmoderne renforce le pouvoir patriarcal, et le caractère autoritaire de la phallocratie : pourvoir du phallus, seul signifiant, sa légitimité est assuré par la dé-matérialisation postmoderne et une pseudo-réciprocité entre femmes et hommes-par une prétendue pluralité individuelle-laissant les hommes s’emparer de la technique, sur laquelle se fonde le patriarcalisme postmoderne. Comme le souligne Janice Raymond : «  Le transexualisme des hommes devenant des femmes, n’est qu’une variation relativement récente de ce thème selon lequel les organes génitaux féminins sont complètement séparés du corps des femmes et qui, par la chirurgie, finissent par être contrôlés par incorporation dans un corps d’homme ».

On comprendra mieux dès lors l’assertion des militants transexuels prétendant savoir plus que les femmes qui elles sont (singularité), lorsqu’ils ne font valoir que ce qu’elles sont (identité)[7]. Par narcissisme, les hommes tombent amoureux de leur reflet jusqu’à subir des opérations chirurgicales. C’est la fusion avec les objet qu’ils ont modelé à leur image qu’ils souhaitent. De la sorte, par l’incorporation des organes féminins, ils « engendrent » d’autant plus de femmes sur le modèle du Maître ici totalement incarné. Les autres femmes, insubordonnées, n’étant que des hommes ratés, défectueux.

Nous l’avons entendu maintes fois : « Être une femme née dans un corps d’homme », pathos et crise existentielle, les femmes doivent se taire et faire preuve de compassion à l’égard de ces pauvres hommes qui n’hésitent pas à les anéantir : «  Les femmes doivent demeurer l’essentiel (essentialistes) : leurs discours requièrent notre silence, leur esthétique notre sacrifice, et leurs écris prennent notre morphologie comme support »[6]. Le transgenrisme est un moyen (presque) nouveau de contrôler les femmes par l’accaparement corporel, et politiquement, par l’annihilation de l’être politique Femme.   

                  La psychanalyse Lacanienne a amplement influencé la pensée postmoderne, et la théorie Queer à plus forte raison. Le maître mot : glorification du phallus, seul signifiant, seul pouvant être désiré. Le phallus est créateur, tout en symbolisant la mort. Les femmes ne peuvent accéder à la jouissance qu’en célébrant le phallus, par lequel elles renaissent. Dès lors, femmes et hommes, pour accéder à la transcendance doivent procéder à un matricide : «  Pour l’homme et la femme la perte de la mère est une nécessité biologique, le premier pas vers une existence autonome. Le matricide est notre nécessité vitale, la condition sine qua non de notre individuation (…). » (Julia Kristeva). Outre le fait de présenter les femmes comme des hommes défectueux, voilà l’autorité du père rétablit, structure essentielle au gouvernement phallique. La mort de la mère, symboliquement la mort des femmes, assure la rédemption de l’homme, et sa résurrection. Il est le créateur, il ne naît pas d’un corps de femme, mais il créée les femmes priées d’entrer dans les bonnes grâces du Père. Les femmes, sujets politiques autonomes, créatrices de la vie, pas seulement en termes biologiques, mais en terme politiques par leur participation au monde, cadre de la vie politique, est impensable. Les femmes sont souillures, impropres, incapables de pensée et de raison, seule l’idéologie masculine permet de remédier à l’hétéronomie inhérente à l’être femme. Hors du phallus, point de salut ! Imitatrices, elles ne peuvent produire de savoir originel.

En conséquence, l’inconstance et la suprématie technocrate prônées par le postmodernisme, ne cessent d’éloigner les femmes de la sphère politique, sommées de s’identifier au seul signifiant : le phallus, régissant l’ordre consensuel (dominant). En donnant l’illusion d’une égalité mimétique au demeurant, entre femmes et hommes, la postmodernité dépolitise la question de l’oppression patriarcale.  Et pour cause, étant réduite à un système normatif, la phallocratie ne devient plus qu’une question de reconnaissance identitaire, les femmes sont alors loin d’être la préoccupation première. Puisqu’en effet, si la féminité est davantage une norme, plus qu’une fonction sexuée, alors les femmes suivant cette norme seront considérées comme privilégiées par rapport aux ‘mal –genrés’, les exlus, c’est-à-dire les hommes en crise existentielle. On appellera dès lors ces femmes : ‘CIS’. Un stigmate qui marque au fer rouge le contrôle des hommes exercé sur les femmes par le transgenrisme. Ceux-ci parviennent à re-nommer les femmes, à les redéfinir, et par là-même à réitérer une conception dénigrante et déshumanisante des femmes, de leurs corps, de leur être en marquant leur superfluité. Cette superfluité est la conséquence de la mort de l’être politique Femme, du moins sa tentative de meurtre. La capacité des femmes de juger, de se révolter, de résister, de se définir, de faire valoir leur singularité est entravé par une conception nihiliste du politique selon laquelle, rien n’a d’importance. Résignation oblige, elle s’effectue sur un mode ‘cool’, dont le contrecoup immédiat est le renoncement à la capacité du politique. Caractéristique de tout gouvernement à structure patriarcale, l’auctoritas annihile à un point tel, que les postmodernes tentent par tous les moyens de vicier le féminisme politique obéissant à un leitmotiv dissensuel : tout peut changer. En effet, si les femmes font sens, si elles s’emparent du pouvoir politique et parviennent à déprivatiser l’espace politique d’entre les mains des hommes, c’est toute l’idéologie postmoderne qui s’effondre, et par là-même, la suprématie masculine perd son effectivité.

                                                                             ***

           Le gouvernement phallocrate organise la subordination des femmes jusqu’à leur extermination par les gynocides. Les femmes sont déniées leur statut d’être humain, d’être politique, par des instances patriarcales aliénantes qui détruisent toute leur créativité, leur intellect, leur intégrité physique : prostitution, pornographie, division sexuelle du travail, dépolitisation de leur condition …. Face à une telle situation, le féminisme politique doit avoir une conception instrumentale de l’action, qui vise des moyens précis pour des objectifs précis : la libération des femmes, en vue d’une revalorisation du pouvoir politique exercé effectivement par les femmes. Or, avec l’influence des études du genre, et le transgenrisme fondé par l’idéologie postmoderne, cet état d’urgence est marginalisé et occulté, même aggravé par une approche qui réitère les pratiques dominantes, moyennant un culte scientiste et l’incarnation de ‘Dieu le père’ en chaque homme, détenteur du phallus. La technique est monopolisée par les hommes tentant de renforcer par-là même une filiation patrilinéaire, et ses modalités se trouvent par conséquent, définit par ce groupe tirant sa légitimité d’une compétence alliant à la fois science et fiction. Ainsi, le ‘genrisme’ a non seulement des conséquences politiques, mais l’introduction du ‘genre’ dans le droit français risque de fragiliser d’autant plus les droits des femmes –toute proportion gardée- parvenant tant bien que mal à les protéger. J’espère que le gouvernement français, aussi déplorable soit-il, ne va pas faire l’affront aux citoyennes françaises de prouver, comme en Argentine, l’authenticité de leur sexe.

Ainsi, chères lectrices, chères femmes, je vous demande de prendre garde au sophisme genriste, si séduisant soit-il. On ne peut pas troquer notre liberté politique contre une liberté métaphysique qui ne bénéficie qu’aux hommes, au grès de leurs caprices sadiques. Nous sommes des femmes, des êtres humains, des êtres politiques, dignes et nous devons lutter contre la suprématie masculine qui nous empêche de vivre en être libres et politiques. Nous ne sommes pas ‘cissexuelles’, nous ne sommes pas des hommes défectueux, et nous ne laisserons pas les hommes nous détruire davantage : les féministes se sont battues pendant 150 ans pour que l’on ait des droits, à nous de lutter  à présent pour mettre à bas l’organisation phallocrate tout entière.

NB : Pour les genristes qui parviendraient à résumer cet article en un seul mot : ‘transphobe’, merci de confirmer la pertinence de ce post.

 

© Women’s liberation without borders [2013]

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[1]  “… to create her in his image, he must be able to take her image, educating her to sameness and deference”, Somer Brodribb, in Nothing Ma(t)ters, pxvi.

[2]“ Male narcissism is outraged by otherness and female autonomy’’, in Nothing Matters.

[3]Le terme d’ « hominisme » conviendrait davantage. Il est définit ici, article indispensable à lire !

[4] Nous ne sommes pas dupes, le genrisme est une idéologie.

[5] Je reprends cette image d’après celle qu’élabore Jean-François Lyotard.

[6] “ And woman remain essential(ist) : their speech requires our silence, their aesthetics requires our sacrifice, their writing requires our form’’, Somer Brodribb in Nothing Ma(t)ters.

[7] Le transgenrisme ne fait que réactualiser une conception traditionnelle de la féminité, enfermant les femmes dans une essence dont les hommes assurent la pérennité par l’accaparement du corps fétichisé de LA femme et sa caricature.

 

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